Une multiprise éteinte consomme très peu : avec un interrupteur sur arrêt, le circuit est ouvert et les appareils branchés derrière ne reçoivent plus de courant. Le reste éventuel vient du voyant lumineux ou de l’électronique intégrée à certains modèles (ports USB, parafoudre, prises pilotées), soit de l’ordre de quelques dixièmes de watt à 1 W. Le poste qui pèse vraiment sur la facture est ailleurs : la veille des appareils que la multiprise permet de couper.
Multiprise à interrupteur ou sans interrupteur : ce qui consomme
Une multiprise sans interrupteur ne consomme rien par elle-même, c’est un simple répartiteur. Ce sont les appareils branchés dessus qui continuent de tirer du courant en veille tant que la fiche reste dans la prise.
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Une multiprise à interrupteur sur arrêt coupe l’alimentation de toutes ses prises. Les appareils ne sont plus alimentés, donc ils ne consomment plus, même s’ils affichent une veille quand on les laisse branchés en direct.
Le cas se complique avec les modèles à voyant. Le petit témoin lumineux, néon ou LED, a lui-même une consommation, minime mais non nulle quand il reste alimenté.
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Voyant allumé, port USB, parafoudre : le petit débit qui reste
Un voyant qui reste allumé interrupteur coupé signale un montage où le voyant est branché avant l’interrupteur, ou un interrupteur qui ne coupe qu’un seul des deux fils (modèle unipolaire). Le voyant consomme alors en permanence, sans que les prises soient alimentées.
Les modèles avec ports USB intégrés embarquent un petit transformateur. Il peut rester sous tension même quand les prises sont coupées, selon la façon dont la multiprise est câblée. Les modèles connectés ou maître-esclave ont une électronique de commande qui consomme aussi un peu en continu.
Ces consommations se comptent en dixièmes de watt. Sur une année, elles restent négligeables en regard de la veille d’un seul appareil laissé branché en direct.

La veille des appareils : le vrai poste à surveiller
Un foyer compte entre 15 et 50 appareils en veille selon l’ADEME, et c’est leur somme qui pèse. D’après les relevés de la consommation d’une machine à laver éteinte, un appareil dit éteint reste souvent sous tension tant qu’il est branché.
Voici les ordres de grandeur annuels en veille relevés pour des appareils courants :
- une box internet : environ 7 W en continu, soit 61 kWh par an ;
- une console de jeux : environ 42 kWh par an ;
- un ordinateur portable : environ 34 kWh par an, et un décodeur TV 12 kWh ;
- un chargeur de batterie laissé branché : environ 10 kWh par an.
Un chargeur seul coûte peu, c’est leur accumulation qui compte. Un téléphone chargé et un chargeur oublié dans la prise gardent une petite consommation, sans rien alimenter d’utile.
Coût de la veille par an sur la facture
Le calcul tient en une ligne : watts x 8 760 heures / 1 000 x prix du kWh donne le coût annuel d’un appareil resté branché toute l’année. Au tarif Bleu en option Base, le kWh est à 0,2001 € TTC pour les compteurs de 3 et 6 kVA depuis le 1er août 2026.
Une box de 7 W représente ainsi 61 kWh par an, soit environ 12 € sur l’année. Pour un coin TV qui réunit une box, un décodeur et une console, la veille atteint environ 115 kWh, soit environ 23 € par an.
Un bureau avec un ordinateur portable et son chargeur reste autour de 44 kWh, soit environ 9 € par an. Sur l’ensemble d’un foyer, la veille dépasse 90 € par an en moyenne, et l’ADEME estime que couper ces appareils peut alléger la facture jusqu’à 10 %.

Quels appareils couper avec la multiprise, lesquels laisser branchés
La multiprise à interrupteur convient bien à un groupe d’appareils qui servent aux mêmes moments : coin TV, console, bureau, chargeurs, petit électroménager. Un seul geste coupe tout le groupe le soir ou en partant.
D’autres appareils gagnent à rester alimentés. La box peut servir au téléphone fixe ou aux mises à jour nocturnes, et les appareils à horloge ou à programmation perdent leurs réglages une fois coupés.
Une imprimante jet d’encre lance souvent un nettoyage des têtes à chaque remise sous tension, ce qui consomme de l’encre. Mieux vaut vérifier la notice avant de la brancher sur une prise coupée chaque soir. Pour les installations neuves, le nombre de prises d’une installation électrique neuve permet de prévoir ces groupes dès le départ.
Wattmètre et choix d’une multiprise qui coupe vraiment
Un wattmètre branché entre la prise murale et la multiprise indique la consommation réelle en watts, appareils éteints comme en veille. La mesure prend quelques minutes et remplace les estimations.
Pour une multiprise qui coupe réellement, l’interrupteur doit être bipolaire, c’est-à-dire couper les deux fils. Un interrupteur par prise ou un modèle maître-esclave pour le coin TV (les prises secondaires se coupent avec l’appareil principal) apportent plus de souplesse.
Côté sécurité, la puissance totale des appareils ne doit pas dépasser celle indiquée sur la multiprise, et il ne faut jamais brancher plusieurs multiprises en cascade. Un modèle avec parafoudre protège les appareils, à condition que la prise murale soit bien reliée à la terre : la vérification de la prise de terre se fait avec un testeur adapté. Là où les besoins en prises sont élevés, les goulottes avec prises intégrées évitent d’empiler les multiprises.
Une multiprise à interrupteur bipolaire coûte quelques euros et se rentabilise dès qu’elle coupe une box, une console ou un chargeur chaque nuit. Mesurer avant d’acheter reste le moyen le plus fiable de savoir ce qui consomme chez soi.

